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Divorcer pour son premier amour Grand bien lui fas
Le jour de ma sortie de la maternité, Maxime est venu me chercher. Il avait apporté mon gâteau préféré... et un accord de divorce. Aucune trace de culpabilité ne se lisait sur son visage. « Clara rentre de l'étranger, alors... » J'ai jeté un coup d'œil aux termes de l'accord : l'entreprise lui revenait entièrement, tandis que tous les autres biens immobiliers et financiers me restaient, à moi et à notre enfant. Parfait. C’était exactement ce que je voulais. Mais j'ai tout de même froncé légèrement les sourcils, feignant la colère. « Maxime, on s'est tués à la tâche pour monter cette boîte ensemble toutes ces années. Tu es vraiment si pressé de me foutre à la porte ? » Maxime m'a tendu le stylo. « Tu sais très bien qu'on a créé cette entreprise pour réaliser le rêve de Clara. Alors, je te laisse tout le reste, mais la boîte m'appartient. » J'ai arraché le stylo de ses mains et j'ai signé immédiatement, terrifiée à l'idée qu'il change d'avis. --- Le jour de ma sortie de la maternité, Maxime est venu me chercher. Il avait apporté mon gâteau préféré... et un accord de divorce. Aucune trace de culpabilité ne se lisait sur son visage. « Clara rentre de l'étranger, alors... » J'ai jeté un coup d'œil aux termes de l'accord : l'entreprise lui revenait entièrement, tandis que tous les autres biens immobiliers et financiers me restaient, à moi et à notre enfant. Parfait. C’était exactement ce que je voulais. Mais j'ai tout de même froncé légèrement les sourcils, feignant la colère. « Maxime, on s'est tués à la tâche pour monter cette boîte ensemble toutes ces années. Tu es vraiment si pressé de me foutre à la porte ? » Maxime m'a tendu le stylo. « Tu sais très bien qu'on a créé cette entreprise pour réaliser le rêve de Clara. Alors, je te laisse tout le reste, mais la boîte m'appartient. » J'ai arraché le stylo de ses mains et j'ai signé immédiatement, terrifiée à l'idée qu'il change d'avis. Maxime a semblé surpris de voir que je ne pleurais pas et que je ne faisais pas de scène. « Quatre ans de vie commune... et tu n'as vraiment aucun regret ? » J'ai baissé les yeux vers le bébé endormi dans mes bras, puis je lui ai adressé mon plus beau sourire. « Je vous souhaite, à Clara et à toi, une très longue et heureuse vie. » En quittant la clinique, Maxime s'est empressé de m'emmener chez le notaire pour faire enregistrer notre divorce par consentement mutuel. Dès que j'ai eu l'acte officiel entre les mains, j'ai vu sur son visage un bonheur que je ne lui avais pas vu depuis bien longtemps. Il m'a regardée de haut. « Je dois encore repasser à la maison tout à l'heure pour faire mes cartons et libérer les lieux. » « D'accord, pas de problème », ai-je répondu d'une voix douce et parfaitement calme. Maxime m'a dévisagée, perplexe. « Tu as l'air différente. » « Différente comment ? » J'ai penché la tête sur le côté, un grand sourire aux lèvres. « Je pensais que tu allais... » « Hurler ? Me traîner à tes pieds pour te supplier de rester ? Utiliser notre fils pour te faire culpabiliser ? » J'ai eu un léger rire. « Dépêche-toi de rentrer faire tes valises. Le vol de Clara atterrit ce soir, non ? Ne va pas la faire attendre. » Il faisait déjà nuit quand je suis rentrée à la maison. Le bébé dormait paisiblement, bercé par la nounou. Maxime fixait Léo, l'air pensif. « Tu as réfléchi à son prénom ? » Cette soudaine inquiétude paternelle me faisait doucement rire. Son esprit était déjà à l'aéroport avec sa maîtresse, mais il se sentait obligé de jouer la comédie du bon père devant moi. Je lui ai répondu calmement : « Léo. L-É-O. » Maxime a froncé les sourcils. « Léo ? C'est un Garnier. Il devrait porter un prénom plus traditionnel. » Je lui ai souri. « Un Garnier ? L'accord de divorce stipule clairement que j'ai la garde exclusive. » J'ai marqué une pause. « Mais tu resteras toujours son père. Quand Léo grandira, si tu veux le voir, je ne t'en empêcherai pas. » Maxime a soupiré, une lueur de culpabilité traversant enfin son regard. « Merci, Alice. Je serai généreux pour sa pension alimentaire, tu ne manqueras de rien. » « Pas la peine », ai-je refusé d'un ton ferme. « J'ai largement de quoi l'élever seule. Va plutôt construire ton nouveau bonheur. » Maxime a jeté un œil à son téléphone. « Bon... alors, au revoir. » « Oui, au revoir. » Sur ce, je lui ai fait un petit signe de la main et j'ai refermé doucement la porte. Enfin, j'étais débarrassée de lui. ---Une fois Maxime parti, je l'ai bloqué de tous mes réseaux et de mes contacts. Dans la foulée, j'ai mis en vente sur internet nos trois maisons. J'ai fixé le prix à 5 % en dessous du marché pour m'en débarrasser au plus vite. Très vite, j'ai trouvé des acheteurs pour tous les biens. Avec l'argent des deux premières ventes, j'ai acheté au comptant un bel appartement dans un quartier très prisé, réputé pour ses bonnes écoles. J'ai placé le reste de l'argent à la banque pour générer des intérêts, tout en gardant assez de liquidités pour relancer ma carrière le moment venu. Jusqu'au jour où un numéro inconnu m'a appelée. « Alice ? C'est Clara. » Pourquoi diable Clara m'appelait-elle ? J'ai répondu d'une voix traînante : « C'est bien moi. Un problème ? » Sa voix tremblait d'angoisse à l'autre bout du fil. « Maxime... il a eu un grave accident de voiture. Son groupe sanguin est rare et les stocks sont limités ici. Tu es compatible, s'il te plaît, viens donner ton sang pour le sauver ! » C’est une blague ? Maxime et moi étions divorcés depuis presque six mois. J'avais appris qu'il l'avait épousée dès le lendemain de notre divorce. Et maintenant, elle m'appelait pour que je serve de poche de sang sur pattes ? Elle me prenait vraiment pour une poire. « Je suis désolée, Clara. Maxime et moi n'avons plus aucun lien. Tu t'es trompée de numéro. » Elle a reniflé, au bord des larmes. « Mais je viens de rentrer en France ! Je ne connais personne d'autre ici, je n'ai que toi ! Je t'en supplie, sauve-le ! » Rentrée depuis peu ? Elle ne connaît personne ? Le culot de cette fille était sans limites. « Écoute, Clara, tu as sans doute perdu l'habitude du système de santé français. Maxime n'a pas un sang si rare que ça, et nos hôpitaux ont des banques de sang parfaitement approvisionnées. C'est à un médecin qu'il faut parler, pas à moi. » Et j'ai raccroché immédiatement. ---Maxime et moi nous étions rencontrés lors d'un rendez-vous arrangé. J'avais 26 ans, et ma famille me mettait la pression pour que je me case. De tous mes prétendants, Maxime était de loin le plus séduisant. Il était doux, grand, élégant, diplômé d'une grande école de commerce, et d'une politesse irréprochable. Je lui avais demandé : « C'est ta première vraie relation ? » Il avait baissé la tête avec un sourire timide. « Pour être honnête, oui. C'est la première fois que je fréquente quelqu'un. » « Vraiment ? » Maxime s'était amusé de ma surprise. « C'est si difficile à croire ? » Puis, il s'est mis à me faire une cour assidue. Maxime ne m'avait pas menti. Il avait juste omis de préciser que, dans son cœur, il aimait éperdument une autre femme depuis toujours. Son grand amour inaccessible. Après notre mariage, nous avons fondé ensemble une agence artistique et de production audiovisuelle. Nous sommes partis de rien, et ces dernières années, les jeunes talents que nous avions signés commençaient enfin à cartonner. Au moment de l'enregistrement de l'entreprise, j'avais demandé à Maxime quel nom il souhaitait lui donner. Il avait répondu presque instantanément : « Appelons-la Rêverie Média. » Ce n'est que trois ans plus tard que j'ai compris d'où venait ce nom. Ce soir-là, il est rentré complètement ivre. Le chauffeur a dû l'aider à monter les escaliers tant il était inconscient. En trois ans de mariage, c'était la première fois que je le voyais dans un état pareil. Il n'arrêtait pas de marmonner : « Clara... Clara, tu me manques tellement. » Clara ? Qui était donc cette Clara ? ---J'avais imaginé tous les scénarios possibles, me préparant au pire. Cette nuit-là, Maxime s'est levé plusieurs fois pour vomir. Je suis restée debout à ses côtés pour m'occuper de lui jusqu'au lever du jour. Le lendemain matin, en me voyant somnoler au bord du lit, il m'a caressé doucement le visage, l'air navré. « Tu dois être épuisée, mon cœur. » Je lui ai souri. « Cette nuit, tu n'as pas arrêté d'appeler une certaine Clara. Qui est-ce ? » Maxime ne s'attendait pas à une question aussi directe. Il s'est redressé d'un coup. Après un long silence, il a fini par lâcher : « Clara et moi, ce n'est pas ce que tu crois. » « Ah bon ? Et c'est quoi alors ? » ai-je insisté. Il a allumé une cigarette. « On a grandi ensemble. Elle est partie vivre à Londres il y a quelques années. Ne t'inquiète pas, il ne s'est jamais rien passé entre nous. » Une immense déception m'a envahie, de la tête aux pieds. Je regardais cet homme qui partageait ma vie depuis trois ans, et soudain, j'avais l'impression de faire face à un parfait inconnu. J'ai ricané : « Alors, tous tes voyages d'affaires à Londres ces derniers temps, c'était juste pour la voir, elle ? » Maxime a baissé les yeux, muré dans le silence. À partir de ce jour-là, nous sommes devenus des colocataires étrangers sous le même toit. Mais le destin a un humour grinçant : deux mois plus tard, lors d'un examen de routine, j'ai découvert que j'étais enceinte. Pour le bien de l'enfant, j'ai voulu lui laisser une dernière chance. Je ne voulais pas que mon bébé grandisse dans une famille brisée. Quand j'en ai été à mon cinquième mois de grossesse, je lui ai montré l'échographie. Les yeux de Maxime se sont illuminés de surprise. « Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ! » « Parce que ça t'intéresse encore, ce qui se passe ici ? » ai-je répliqué sèchement. « Bien sûr ! » Maxime m'a serrée chaleureusement dans ses bras. « Vous êtes tout ce qui compte pour moi, toi et le bébé. » Je l'ai regardé. Il était un époux médiocre, mais peut-être ferait-il un père convenable ? ---