Trompé à nos fiançailles, je l'ai laissée sans un sou

NovelMaster new Terminé
Romance 现实主义-Realistic重生-Reborn男频-Male Fiction

Au bout de sept ans de relation, ma femme a soudainement craqué pour un jeune mannequin. Pour le grand frisson, elle a tout simplement remplacé le diaporama de notre fête d'engagement par des photos torrides d'elle et de son amant au lit. Les invités murmuraient et pointaient du doigt l'écran géant. Elle, pourtant, s'est contentée de m'attraper la manche, jouant à merveille le rôle de la victime. « Je ne sais pas qui a osé faire une mauvaise blague pareille, Adrien. Mais le planning est serré et la presse attend dehors. Pourquoi ne pas laisser Bastien monter sur scène à ta place pour l'instant ? » Mes amis m'ont donné des coups de coude, chuchotant qu'elle ne méritait rien et qu'il fallait que je la dégage sur-le-champ. Au lieu de ça, j'ai simplement serré sa main et hoché la tête. « Tu as raison. Faisons comme ça. » Voyant que j'acceptais, Margaux a esquissé un sourire de soulagement. Elle m'a juré que pour le vrai mariage, elle me laisserait monter sur scène sans faute. Mais ce qu'elle ignorait encore... C'est qu'il n'y avait plus aucun avenir pour nous deux. J'ai fourré la bague de fiançailles dans la main de Margaux, ignoré les chuchotements autour de nous et quitté la salle de réception. Margaux a crié mon prénom et m'a couru après sur quelques mètres, mais Bastien lui a vite attrapé le bras. « Les invités attendent, Margaux. Tu t'expliqueras avec lui après la fête. » Assis dans ma voiture, j'ai observé leurs silhouettes s'éloigner à travers la vitre alors qu'ils rentraient dans la salle. Juste après, le feu d'artifice commandé pour la cérémonie a explosé dans le ciel nocturne. Les gerbes de lumière formaient les initiales de leurs deux prénoms. J'ai lâché un rire amer. Une mauvaise blague ? Une erreur technique ? C'était clairement une « surprise » qu'ils avaient planifiée depuis le début. Si cela s'était produit des années plus tôt, j'aurais hurlé de rage, exigeant des comptes. Mais aujourd'hui, j'étais juste épuisé. Mon amour pour elle était déjà mort, consumé par tous ses « accidents » précédents. De retour dans notre appartement, j'ai contemplé ce cocon que j'avais personnellement décoré. Un goût amer m'a envahi la gorge. J'avais couru après Margaux pendant cinq longues années. Quand elle avait enfin accepté ma demande, je n'avais pas pu fermer l'œil de la semaine. J'avais même loué un panneau d'affichage géant au centre-ville pour lui crier mon amour. Le mois dernier, elle avait soudainement suggéré de repousser la grande cérémonie et de signer simplement les papiers du mariage civil à la mairie. Même si j'étais déçu, je m'étais dit que l'essentiel était d'être enfin ensemble. Avec le recul, elle n'avait pas peur du mariage. Elle refusait juste de s'afficher avec moi. J'ai mangé en silence la part de gâteau d'anniversaire achetée pour elle, puis je me suis glissé sous les draps avant de m'endormir. Un peu plus tard, une main glacée s'est posée sur mon torse. Réveillé en sursaut, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu Margaux assise sur le bord du matelas. Elle sentait l'air humide de la nuit. Sorti net de mon sommeil, je l'ai repoussée de toutes mes forces. Elle ne s'y attendait pas. Elle m'a fixé, incrédule. « Adrien, tu es encore fâché pour la fête ? Je peux tout t'expliquer. » « Pas la peine. » Il n'y avait rien à expliquer. J'avais été pathétique trop longtemps dans ce couple. Maintenant, je voulais juste tourner la page. Face à mon visage impassible, Margaux a réessayé de me prendre dans ses bras. « Je sais que c'était une soirée importante et que des imbéciles l'ont gâchée. Tu dois être blessé. Mais ne t'en fais pas, j'ai déjà viré l'équipe technique responsable. Et puis, la moitié de nos partenaires commerciaux étaient dans la salle. » « Tu sais à quel point on a bavé pour monter cette start-up. Si on avait fait un scandale public, toutes ces années d'efforts partaient en fumée. » À peine avait-elle terminé sa phrase que la porte de la chambre s'est ouverte. Bastien est entré d'un pas nonchalant, un verre d'eau tiède à la main. « Margaux, il y avait du vent sur la route. Bois un peu d'eau pour ne pas attraper froid. » Margaux a pris le verre, sans trouver le moindre problème au fait d'introduire un autre homme chez nous en pleine nuit. « Tu es parti sans un mot, Adrien. Bastien a dû m'aider à présenter mes excuses à tout le monde, et il a même pris le volant pour me ramener à cette heure. Pourquoi tu ne lui dis pas merci ? » Et de qui était-ce la faute, au juste ? Maintenant, elle exigeait que je le remercie ? Voyant mon regard glacial, Bastien a agité les mains avec une fausse modestie. « Ne dis pas ça, Margaux. En tant qu'assistant, c'est mon rôle de veiller sur toi et de te ramener saine et sauve. C'est la moindre des choses. » Margaux lui a adressé un sourire radieux. « Je savais que j'avais fait le bon choix en t'embauchant. Si seulement les autres employés de la boîte étaient moitié aussi attentionnés que toi. » J'ai détourné le regard, écœuré par leur numéro. Ce n'était un secret pour personne : Margaux ne vivait plus que pour Bastien. C'était un jeune sans diplôme qui bossait comme barman. Rien qu'avec sa jolie gueule et ses belles paroles, Margaux l'avait fait entrer dans la boîte pour en faire son assistant personnel. Depuis qu'il était là, il était devenu intouchable. Quand Bastien faisait une bourde, c'était l'équipe qui payait les pots cassés. Même quand sa négligence avait fait fuiter un appel d'offres majeur, nous coûtant des millions en commandes, Margaux s'était contentée de geler les primes du pôle marketing. Et c'était moi, le directeur marketing. Quand j'avais exigé justice pour mes gars, Margaux m'avait simplement lâché d'un ton sec : « Ma décision est prise, Adrien. Revenir dessus me ferait passer pour une faible devant les investisseurs. » Mais là, c'était terminé. Puisque Bastien était si parfait et dévoué, ils méritaient de rester ensemble pour l'éternité. Voyant que je ne répondais rien, Margaux m'a poussé l'épaule. « Je te parle. C'est quoi cette attitude ? » J'ai hoché la tête et levé les yeux vers elle, le regard vide. La lampe de chevet diffusait une lueur tamisée dans la pièce, pourtant je me sentais congelé de l'intérieur. « Je suis désolé. C'était de ma faute. » De ma faute d'oser dormir dans mon propre lit. De ma faute d'être parti quand mon propre engagement a été transformé en farce. Margaux n'a pas saisi l'ironie. Elle a souri, satisfaite. « Puisque tu t'excuses, je passe l'éponge. Mais il est super tard et je ne veux pas que Bastien reprenne la route tout seul. Prends la voiture et raccompagne-le. » J'ai lâché un rire froid. Je suis sorti du lit, j'ai enfilé ma veste et j'ai marché vers la sortie. Quand Bastien a voulu esquisser un geste, je lui ai barré le passage. « Pas la peine. Je m'en vais. L'appartement est à vous. Faites ce que vous voulez. » Margaux s'est figée, avant de foncer vers moi, la voix chargée de colère : « Tu viens de dire quoi, là ? Tu crois que tu vas où comme ça ? » Face à son visage arrogant, j'ai esquissé un léger sourire. « Margaux, on divorce. »Les yeux de Margaux se sont agrandis de stupeur. « Tu as perdu la tête, Adrien ? Tu t'entends parler ? Je t'ai dit que pour la vraie fête, tout serait parfait. Tu vas vraiment faire un caca nerveux pour si peu ? » Je l'ai fixée en silence. Depuis qu'elle l'avait rencontré dans ce lounge bar, elle avait passé d'innombrables nuits avec lui sous prétexte de « dîners d'affaires ». Elle s'était même fait tatouer son prénom en haut de la cuisse. Elle pensait que j'étais aveugle. J'avais juste choisi, jusque-là, de ne pas éventrer ses mensonges. Margaux a tendu la main pour attraper la mienne. « Je sais que la soirée a été frustrante, mais je suis à bout. Arrête tes gamineries, d'accord ? » Sans une seconde d'hésitation, j'ai retiré ma main, attrapé mes clés de voiture et franchi la porte. Mon départ net disait tout ce qu'il y avait à savoir. Au moment où la porte claquait, sa voix irritée a filtré à travers la fente : « Quel gamin ! Tu vas voir, il reviendra en rampant d'ici trois jours ! » J'ai secoué la tête. Parce que je l'avais aimée de façon inconditionnelle pendant cinq ans, elle s'était persuadée que je lui appartenais. Elle avait simplement oublié que même le plus grand des amours finit par s'éteindre sous les coups de la trahison. Cette fois, c'était bel et bien fini. J'ai pris une chambre d'hôtel. Dès le lendemain matin, j'étais dans le bureau d'un avocat pour lancer la procédure de divorce. Quand il a abordé la question du partage des biens, j'ai hésité une seconde avant de demander : « Si je vous apporte les preuves matérielles de ses infidélités répétées, est-ce que je peux la priver de toutes ses parts dans notre entreprise ? » Bien que nous ayons fondé la start-up à deux, c'est moi qui avais décroché chaque contrat et ramené tous les clients majeurs. Même les fonds de départ provenaient de mes propres économies. J'avais tous les droits de récupérer ce qui m'appartenait. Dès que l'avocat m'a confirmé que c'était jouable, je suis sorti et j'ai envoyé ma lettre de démission par mail à la direction. Elle devait techniquement être validée par Margaux, mais je m'en foutais royalement. Puisqu'on divorçait, je n'avais plus rien à cacher. Une fois cela réglé, j'ai appelé ma sœur aînée, Victoire, qui vivait à l'étranger. En apprenant que j'acceptais enfin de la rejoindre à New York, elle a exulté et m'a promis de gérer toutes les démarches d'expatriation. En vérité, Margaux n'avait jamais su que mes parents s'étaient séparés quand nous étions gamins. Mon père était parti aux États-Unis avec Victoire. Là-bas, il avait profité du boom financier pour monter son fonds et devenir un ponte de Wall Street. Moi, j'étais resté avec ma mère. Trois ans plus tôt, ma mère était tombée gravement malade. J'avais fait le tour de la famille pour payer ses factures d'hôpital, mais son cœur avait lâché. Avant de s'éteindre, elle m'avait serré la main, peinée à l'idée de ne pas me voir passer la bague au doigt de Margaux. Elle m'avait fait promettre de prendre soin d'elle, de ne jamais laisser filer une fille aussi formidable. Mais aujourd'hui, je ne pouvais plus honorer cette promesse. Le lendemain, Victoire a atterri en ville. Nous ne nous étions pas revus en chair et en os depuis la séparation de nos parents, gardant seulement le contact via FaceTime ces dernières années. Je l'ai d'abord emmenée se recueillir sur la tombe de notre mère, puis nous sommes allés déjeuner dans un restaurant chic du centre. Parce qu'elle avait énormément pleuré au cimetière, Victoire avait le visage pâle et les traits tirés. Je lui tenais le bras pour la soutenir alors que nous franchissions le hall de l'hôtel-restaurant. Soudain, une voix familière a résonné derrière nous : « Adrien ? Qu'est-ce que tu fabriques ici ? » Je me suis retourné. Margaux et Bastien se tenaient sur les marches, main dans la main.Sentant mon regard, Margaux a immédiatement lâché la main de Bastien. Elle a foudroyé Victoire des yeux. Sans dire un mot, la jalousie et le mépris suintaient de chacun de ses regards. Bastien, lui, s'est avancé la bouche en cœur. « Tiens, Adrien. Qu'est-ce qui t'amène ? Et qui est cette dame ? Vous avez l'air très intimes tous les deux. » « Ça ne te regarde pas », ai-je répondu froidement. Je n'avais pas peur qu'ils comprennent de travers. C'est juste que je refusais de gaspiller ma salive avec un type pareil. Bastien a fait mine d'ignorer mon hostilité. Son rictus s'est élargi : « Mais... ce ne sont pas tes heures de travail ? Pourquoi es-tu dehors ? Je ne me souviens pas avoir vu passer une demande de congé aujourd'hui. » Margaux a fait un pas en avant, le visage assombri par la fureur. « Tu prends la confiance, Adrien, non ? Tu traînes avec une autre femme sur tes heures de boulot ? Tu n'as pas de honte ? » De la honte ? J'ai failli exploser de rire. Elle se pavanait en public avec son mannequin de poche, et c'est elle qui osait me parler de honte ? Depuis qu'elle avait embauché Bastien, les ragots allaient bon train au bureau. Peu importait le travail acharné des autres, personne ne pouvait rivaliser avec un minet bien fringué. Margaux l'enfermait même des heures entières dans son bureau en plein après-midi, stores baissés, pendant que tout le monde observait leurs ombres collées derrière les vitres. Cette boîte, autrefois respectée, était devenue une vaste blague. Bastien est intervenu, jouant les pacificateurs avec une fausse douceur. « Margaux, ne sois pas trop dure. Adrien est peut-être là pour rencontrer un investisseur ? Il fait sûrement ça pour le bien de l'entreprise. » Margaux a ricané. « Quel genre de rendez-vous pro se fait dans le restaurant d'un hôtel de luxe ? Il est sûrement en train de faire des crasses ! Pas étonnant que ton pôle fasse d'aussi bons chiffres ces derniers temps, Adrien. Tu me dégoûtes. » Face à ces insultes gratuites, Victoire n'a pas pu se taire plus longtemps. « Vous avez fini votre numéro, tous les deux ? Il n'y a que les esprits tordus pour voir de la crasse partout. » Elle s'est tournée vers moi. « Viens, Adrien, on s'en va. Parler à des gens pareils, c'est perdre son temps. » Victoire m'a tiré par le bras vers l'ascenseur, mais Margaux a paniqué. « Adrien ! Si tu fais un seul pas avec elle, on divorce ! » Sa menace ne me faisait plus aucun effet. Mais puisqu'elle mettait le sujet sur la table, j'ai sorti le dossier de mon sac pour le lui tendre. « C'est quoi, ça ? » Elle a fixé les feuilles, refusant de les effleurer. « La demande de divorce. C'est ce que tu voulais, non ? Je te sers tes volontés sur un plateau. » Le visage de Margaux est devenu blême. Avant qu'elle ne puisse répliquer, le téléphone de Bastien a sonné. Il a regardé l'écran et s'est étranglé : « Margaux ! L'hôpital vient d'appeler. Ma mère a fait un malaise dans la rue. Il faut que j'y aille ! » Margaux a aussitôt pivoté vers lui. « C'est grave ? Je viens avec toi ! » En les voyant courir vers la sortie, un goût amer d'ironie m'a submergé. Trois ans plus tôt, ma mère était entre la vie et la mort après un terrible accident de voiture — un accident qu'elle avait subi en protégeant Margaux d'un chauffard. Pourtant, Margaux avait affirmé que son déplacement professionnel était trop important et n'était même pas venue pour ses derniers instants. Ma mère aurait pu vivre encore des années malgré ses problèmes cardiaques, mais elle s'était sacrifiée pour Margaux. Et Margaux n'avait même jamais dit merci. « Adrien ? » La voix de Victoire m'a ramené à la réalité. J'ai pris une profonde inspiration, repris mes esprits et l'ai guidée vers la chambre. Dès que nous sommes entrés, elle m'a demandé : « J'ai entendu dire que tu t'étais marié. C'était elle, ta femme ? » Ma main s'est arrêtée alors que je lui versais un verre d'eau. J'ai soupiré. « Oui. Mais comme tu as vu, je liquide tout. » Je savais pertinemment que Margaux ne signerait pas à l'amiable, alors j'avais déjà transmis tous les rapports d'infidélité à mon avocat pour lancer la procédure contentieuse. Mon avocat m'avait garanti une victoire écrasante. Victoire n'a pas insisté. Elle m'a posé une main chaleureuse sur l'épaule. « Très bien. Règle tout ce cirque avant qu'on parte. De toute façon, tu ne remettras plus jamais les pieds ici. » J'ai acquiescé et lui ai demandé des nouvelles de notre père. Le lendemain, j'ai accompagné Victoire pour finaliser les formulaires d'immigration. En sortant, son téléphone a sonné. « Je vous ai déjà dit que je suis ici pour des raisons privées », a-t-elle lâché d'une voix sèche dans l'écouteur. « Pourquoi avez-vous divulgué mon planning ? » « Ai-je vraiment besoin de valider moi-même un projet d'à peine quelques millions ? C'est qui le patron, vous ou moi ? » Après qu'elle a raccroché, je lui ai tendu une bouteille d'eau. « Des soucis avec ta boîte à New York ? » Elle s'est massé les tempes. « Non. Une petite start-up locale nous harcèle pour signer un partenariat. La directrice a réussi à savoir que j'étais en ville et remue ciel et terre pour m'arracher un rendez-vous. » « Mais tu connais ma règle en affaires : le réseau, c'est bien, mais la valeur morale passe avant tout. » Je n'ai pas posé plus de questions. Je l'ai conduite dans un grand restaurant gastronomique du centre. Mais évidemment, le destin a un humour particulièrement tordu. Nous sommes retombés sur Margaux et Bastien. Assortis de la tête aux pieds, ils étaient assis près de la baie vitrée. Margaux était au téléphone, l'air stressé, pendant que Bastien s'amusait à lui glisser une cerise dans la bouche. Margaux souriait et mordait dans le fruit directement entre ses doigts. Pour n'importe qui d'extérieur, ils ressemblaient à un couple éperdument amoureux. J'ai pincé les lèvres et fait demi-tour, mais Margaux m'a repéré. Elle a raccroché net et a foncé vers moi. « Adrien, attends ! »J'ai fait semblant de ne pas l'entendre et j'ai pressé le pas. Mais Margaux m'a rattrapé par le bras. « Tu ne m'entends pas quand je t'appelle ? » Bien qu'elle s'adresse à moi, ses yeux furieux étaient rivés sur Victoire. « Vous deux... » Avant qu'elle ne termine, Bastien s'est approché, un sourire goguenard aux lèvres. « Dis donc, Adrien. Il dure longtemps, ton fameux 'rendez-vous pro'. J'imagine que vous étiez au lit ce matin, et maintenant c'est resto de luxe. » J'ai ignoré son insulte minable, mais les yeux de Margaux se sont durcis. Elle m'a toisé avec dégoût. « Adrien, je vois très bien ton petit jeu. Tu crois que t'afficher avec elle va me rendre jalouse ? Tu as cinq ans d'âge mental ? » « Même si l'hôtel était une coïncidence, ne me fais pas croire que nous croiser ici en est une autre. Bastien et moi déjeunons juste ensemble. Tu peux arrêter d'être aussi pathétique et jaloux ? » J'ai ri jaune. Moi ? Pathétique ? « Je t'ai déposé les papiers du divorce, Margaux. Tu t'imagines vraiment que j'en ai quelque chose à faire de tes faits et gestes ? » Le mot « divorce » l'a fait tressaillir. « J'ai déchiré ces papiers. N'en reparle plus jamais. » Elle a braqué son regard haineux sur Victoire. « Et toi, qui que tu sois. Tu l'as entendu. Adrien est un homme marié. Si tu as un minimum de dignité, dégage de sa vie ! » Bastien en a rajouté une couche en ricanant : « Exactement. T'accrocher au mari d'une autre... tes parents ne t'ont jamais appris les bonnes manières ? » « Ce n'est pas parce que tu as un peu de fric que tu peux te taper tout ce qui bouge. » Victoire a croisé les bras, un sourire glacial étirant ses lèvres. « Surveille ton langage, gamin. Une plainte pour diffamation est très vite arrivée. » Bastien, poussé par la présence de Margaux, s'est senti pousser des ailes. Il s'est avancé, haussant la voix pour que toute la salle l'entende : « Une briseuse de ménage qui parle de procès ? Tu manques pas d'air ! Si je te remets pas les idées en place aujourd'hui, je suis pas un homme ! » Sur ces mots, Bastien a retroussé ses manches et a violemment poussé Victoire à l'épaule. C'est parti en vrille en une fraction de seconde. Je me suis jeté en avant pour le démolir, mais à cet instant précis, le portable de Margaux a vibré sur la table, affichant un message de sa secrétaire. C'était la photo de la présidente multimilliardaire du consortium international avec lequel elle rêvait de s'associer. La femme sur la photo était trait pour trait celle que Bastien venait d'envoyer par terre. Margaux écarquilla les yeux. « Arrête ! C’est Madame Mercier, la présidente ! »

Chapitres (4)

第1章

Au bout de sept ans de relation, ma femme a soudainement craqué pour un jeune mannequin. Pour le grand frisson, elle a tout simplement remplacé le diaporama de notre fête d'engagement par des photos torrides d'elle et de son amant au lit. Les invités murmuraient et pointaient du doigt l'écran géant. Elle, pourtant, s'est contentée de m'attraper la manche, jouant à merveille le rôle de la victime. « Je ne sais pas qui a osé faire une mauvaise blague pareille, Adrien. Mais le planning est serré et la presse attend dehors. Pourquoi ne pas laisser Bastien monter sur scène à ta place pour l'instant ? » Mes amis m'ont donné des coups de coude, chuchotant qu'elle ne méritait rien et qu'il fallait que je la dégage sur-le-champ. Au lieu de ça, j'ai simplement serré sa main et hoché la tête. « Tu as raison. Faisons comme ça. » Voyant que j'acceptais, Margaux a esquissé un sourire de soulagement. Elle m'a juré que pour le vrai mariage, elle me laisserait monter sur scène sans faute. Mais ce qu'elle ignorait encore... C'est qu'il n'y avait plus aucun avenir pour nous deux. J'ai fourré la bague de fiançailles dans la main de Margaux, ignoré les chuchotements autour de nous et quitté la salle de réception. Margaux a crié mon prénom et m'a couru après sur quelques mètres, mais Bastien lui a vite attrapé le bras. « Les invités attendent, Margaux. Tu t'expliqueras avec lui après la fête. » Assis dans ma voiture, j'ai observé leurs silhouettes s'éloigner à travers la vitre alors qu'ils rentraient dans la salle. Juste après, le feu d'artifice commandé pour la cérémonie a explosé dans le ciel nocturne. Les gerbes de lumière formaient les initiales de leurs deux prénoms. J'ai lâché un rire amer. Une mauvaise blague ? Une erreur technique ? C'était clairement une « surprise » qu'ils avaient planifiée depuis le début. Si cela s'était produit des années plus tôt, j'aurais hurlé de rage, exigeant des comptes. Mais aujourd'hui, j'étais juste épuisé. Mon amour pour elle était déjà mort, consumé par tous ses « accidents » précédents. De retour dans notre appartement, j'ai contemplé ce cocon que j'avais personnellement décoré. Un goût amer m'a envahi la gorge. J'avais couru après Margaux pendant cinq longues années. Quand elle avait enfin accepté ma demande, je n'avais pas pu fermer l'œil de la semaine. J'avais même loué un panneau d'affichage géant au centre-ville pour lui crier mon amour. Le mois dernier, elle avait soudainement suggéré de repousser la grande cérémonie et de signer simplement les papiers du mariage civil à la mairie. Même si j'étais déçu, je m'étais dit que l'essentiel était d'être enfin ensemble. Avec le recul, elle n'avait pas peur du mariage. Elle refusait juste de s'afficher avec moi. J'ai mangé en silence la part de gâteau d'anniversaire achetée pour elle, puis je me suis glissé sous les draps avant de m'endormir. Un peu plus tard, une main glacée s'est posée sur mon torse. Réveillé en sursaut, j'ai ouvert les yeux et j'ai vu Margaux assise sur le bord du matelas. Elle sentait l'air humide de la nuit. Sorti net de mon sommeil, je l'ai repoussée de toutes mes forces. Elle ne s'y attendait pas. Elle m'a fixé, incrédule. « Adrien, tu es encore fâché pour la fête ? Je peux tout t'expliquer. » « Pas la peine. » Il n'y avait rien à expliquer. J'avais été pathétique trop longtemps dans ce couple. Maintenant, je voulais juste tourner la page. Face à mon visage impassible, Margaux a réessayé de me prendre dans ses bras. « Je sais que c'était une soirée importante et que des imbéciles l'ont gâchée. Tu dois être blessé. Mais ne t'en fais pas, j'ai déjà viré l'équipe technique responsable. Et puis, la moitié de nos partenaires commerciaux étaient dans la salle. » « Tu sais à quel point on a bavé pour monter cette start-up. Si on avait fait un scandale public, toutes ces années d'efforts partaient en fumée. » À peine avait-elle terminé sa phrase que la porte de la chambre s'est ouverte. Bastien est entré d'un pas nonchalant, un verre d'eau tiède à la main. « Margaux, il y avait du vent sur la route. Bois un peu d'eau pour ne pas attraper froid. » Margaux a pris le verre, sans trouver le moindre problème au fait d'introduire un autre homme chez nous en pleine nuit. « Tu es parti sans un mot, Adrien. Bastien a dû m'aider à présenter mes excuses à tout le monde, et il a même pris le volant pour me ramener à cette heure. Pourquoi tu ne lui dis pas merci ? » Et de qui était-ce la faute, au juste ? Maintenant, elle exigeait que je le remercie ? Voyant mon regard glacial, Bastien a agité les mains avec une fausse modestie. « Ne dis pas ça, Margaux. En tant qu'assistant, c'est mon rôle de veiller sur toi et de te ramener saine et sauve. C'est la moindre des choses. » Margaux lui a adressé un sourire radieux. « Je savais que j'avais fait le bon choix en t'embauchant. Si seulement les autres employés de la boîte étaient moitié aussi attentionnés que toi. » J'ai détourné le regard, écœuré par leur numéro. Ce n'était un secret pour personne : Margaux ne vivait plus que pour Bastien. C'était un jeune sans diplôme qui bossait comme barman. Rien qu'avec sa jolie gueule et ses belles paroles, Margaux l'avait fait entrer dans la boîte pour en faire son assistant personnel. Depuis qu'il était là, il était devenu intouchable. Quand Bastien faisait une bourde, c'était l'équipe qui payait les pots cassés. Même quand sa négligence avait fait fuiter un appel d'offres majeur, nous coûtant des millions en commandes, Margaux s'était contentée de geler les primes du pôle marketing. Et c'était moi, le directeur marketing. Quand j'avais exigé justice pour mes gars, Margaux m'avait simplement lâché d'un ton sec : « Ma décision est prise, Adrien. Revenir dessus me ferait passer pour une faible devant les investisseurs. » Mais là, c'était terminé. Puisque Bastien était si parfait et dévoué, ils méritaient de rester ensemble pour l'éternité. Voyant que je ne répondais rien, Margaux m'a poussé l'épaule. « Je te parle. C'est quoi cette attitude ? » J'ai hoché la tête et levé les yeux vers elle, le regard vide. La lampe de chevet diffusait une lueur tamisée dans la pièce, pourtant je me sentais congelé de l'intérieur. « Je suis désolé. C'était de ma faute. » De ma faute d'oser dormir dans mon propre lit. De ma faute d'être parti quand mon propre engagement a été transformé en farce. Margaux n'a pas saisi l'ironie. Elle a souri, satisfaite. « Puisque tu t'excuses, je passe l'éponge. Mais il est super tard et je ne veux pas que Bastien reprenne la route tout seul. Prends la voiture et raccompagne-le. » J'ai lâché un rire froid. Je suis sorti du lit, j'ai enfilé ma veste et j'ai marché vers la sortie. Quand Bastien a voulu esquisser un geste, je lui ai barré le passage. « Pas la peine. Je m'en vais. L'appartement est à vous. Faites ce que vous voulez. » Margaux s'est figée, avant de foncer vers moi, la voix chargée de colère : « Tu viens de dire quoi, là ? Tu crois que tu vas où comme ça ? » Face à son visage arrogant, j'ai esquissé un léger sourire. « Margaux, on divorce. »

第2章

Les yeux de Margaux se sont agrandis de stupeur. « Tu as perdu la tête, Adrien ? Tu t'entends parler ? Je t'ai dit que pour la vraie fête, tout serait parfait. Tu vas vraiment faire un caca nerveux pour si peu ? » Je l'ai fixée en silence. Depuis qu'elle l'avait rencontré dans ce lounge bar, elle avait passé d'innombrables nuits avec lui sous prétexte de « dîners d'affaires ». Elle s'était même fait tatouer son prénom en haut de la cuisse. Elle pensait que j'étais aveugle. J'avais juste choisi, jusque-là, de ne pas éventrer ses mensonges. Margaux a tendu la main pour attraper la mienne. « Je sais que la soirée a été frustrante, mais je suis à bout. Arrête tes gamineries, d'accord ? » Sans une seconde d'hésitation, j'ai retiré ma main, attrapé mes clés de voiture et franchi la porte. Mon départ net disait tout ce qu'il y avait à savoir. Au moment où la porte claquait, sa voix irritée a filtré à travers la fente : « Quel gamin ! Tu vas voir, il reviendra en rampant d'ici trois jours ! » J'ai secoué la tête. Parce que je l'avais aimée de façon inconditionnelle pendant cinq ans, elle s'était persuadée que je lui appartenais. Elle avait simplement oublié que même le plus grand des amours finit par s'éteindre sous les coups de la trahison. Cette fois, c'était bel et bien fini. J'ai pris une chambre d'hôtel. Dès le lendemain matin, j'étais dans le bureau d'un avocat pour lancer la procédure de divorce. Quand il a abordé la question du partage des biens, j'ai hésité une seconde avant de demander : « Si je vous apporte les preuves matérielles de ses infidélités répétées, est-ce que je peux la priver de toutes ses parts dans notre entreprise ? » Bien que nous ayons fondé la start-up à deux, c'est moi qui avais décroché chaque contrat et ramené tous les clients majeurs. Même les fonds de départ provenaient de mes propres économies. J'avais tous les droits de récupérer ce qui m'appartenait. Dès que l'avocat m'a confirmé que c'était jouable, je suis sorti et j'ai envoyé ma lettre de démission par mail à la direction. Elle devait techniquement être validée par Margaux, mais je m'en foutais royalement. Puisqu'on divorçait, je n'avais plus rien à cacher. Une fois cela réglé, j'ai appelé ma sœur aînée, Victoire, qui vivait à l'étranger. En apprenant que j'acceptais enfin de la rejoindre à New York, elle a exulté et m'a promis de gérer toutes les démarches d'expatriation. En vérité, Margaux n'avait jamais su que mes parents s'étaient séparés quand nous étions gamins. Mon père était parti aux États-Unis avec Victoire. Là-bas, il avait profité du boom financier pour monter son fonds et devenir un ponte de Wall Street. Moi, j'étais resté avec ma mère. Trois ans plus tôt, ma mère était tombée gravement malade. J'avais fait le tour de la famille pour payer ses factures d'hôpital, mais son cœur avait lâché. Avant de s'éteindre, elle m'avait serré la main, peinée à l'idée de ne pas me voir passer la bague au doigt de Margaux. Elle m'avait fait promettre de prendre soin d'elle, de ne jamais laisser filer une fille aussi formidable. Mais aujourd'hui, je ne pouvais plus honorer cette promesse. Le lendemain, Victoire a atterri en ville. Nous ne nous étions pas revus en chair et en os depuis la séparation de nos parents, gardant seulement le contact via FaceTime ces dernières années. Je l'ai d'abord emmenée se recueillir sur la tombe de notre mère, puis nous sommes allés déjeuner dans un restaurant chic du centre. Parce qu'elle avait énormément pleuré au cimetière, Victoire avait le visage pâle et les traits tirés. Je lui tenais le bras pour la soutenir alors que nous franchissions le hall de l'hôtel-restaurant. Soudain, une voix familière a résonné derrière nous : « Adrien ? Qu'est-ce que tu fabriques ici ? » Je me suis retourné. Margaux et Bastien se tenaient sur les marches, main dans la main.

第3章

Sentant mon regard, Margaux a immédiatement lâché la main de Bastien. Elle a foudroyé Victoire des yeux. Sans dire un mot, la jalousie et le mépris suintaient de chacun de ses regards. Bastien, lui, s'est avancé la bouche en cœur. « Tiens, Adrien. Qu'est-ce qui t'amène ? Et qui est cette dame ? Vous avez l'air très intimes tous les deux. » « Ça ne te regarde pas », ai-je répondu froidement. Je n'avais pas peur qu'ils comprennent de travers. C'est juste que je refusais de gaspiller ma salive avec un type pareil. Bastien a fait mine d'ignorer mon hostilité. Son rictus s'est élargi : « Mais... ce ne sont pas tes heures de travail ? Pourquoi es-tu dehors ? Je ne me souviens pas avoir vu passer une demande de congé aujourd'hui. » Margaux a fait un pas en avant, le visage assombri par la fureur. « Tu prends la confiance, Adrien, non ? Tu traînes avec une autre femme sur tes heures de boulot ? Tu n'as pas de honte ? » De la honte ? J'ai failli exploser de rire. Elle se pavanait en public avec son mannequin de poche, et c'est elle qui osait me parler de honte ? Depuis qu'elle avait embauché Bastien, les ragots allaient bon train au bureau. Peu importait le travail acharné des autres, personne ne pouvait rivaliser avec un minet bien fringué. Margaux l'enfermait même des heures entières dans son bureau en plein après-midi, stores baissés, pendant que tout le monde observait leurs ombres collées derrière les vitres. Cette boîte, autrefois respectée, était devenue une vaste blague. Bastien est intervenu, jouant les pacificateurs avec une fausse douceur. « Margaux, ne sois pas trop dure. Adrien est peut-être là pour rencontrer un investisseur ? Il fait sûrement ça pour le bien de l'entreprise. » Margaux a ricané. « Quel genre de rendez-vous pro se fait dans le restaurant d'un hôtel de luxe ? Il est sûrement en train de faire des crasses ! Pas étonnant que ton pôle fasse d'aussi bons chiffres ces derniers temps, Adrien. Tu me dégoûtes. » Face à ces insultes gratuites, Victoire n'a pas pu se taire plus longtemps. « Vous avez fini votre numéro, tous les deux ? Il n'y a que les esprits tordus pour voir de la crasse partout. » Elle s'est tournée vers moi. « Viens, Adrien, on s'en va. Parler à des gens pareils, c'est perdre son temps. » Victoire m'a tiré par le bras vers l'ascenseur, mais Margaux a paniqué. « Adrien ! Si tu fais un seul pas avec elle, on divorce ! » Sa menace ne me faisait plus aucun effet. Mais puisqu'elle mettait le sujet sur la table, j'ai sorti le dossier de mon sac pour le lui tendre. « C'est quoi, ça ? » Elle a fixé les feuilles, refusant de les effleurer. « La demande de divorce. C'est ce que tu voulais, non ? Je te sers tes volontés sur un plateau. » Le visage de Margaux est devenu blême. Avant qu'elle ne puisse répliquer, le téléphone de Bastien a sonné. Il a regardé l'écran et s'est étranglé : « Margaux ! L'hôpital vient d'appeler. Ma mère a fait un malaise dans la rue. Il faut que j'y aille ! » Margaux a aussitôt pivoté vers lui. « C'est grave ? Je viens avec toi ! » En les voyant courir vers la sortie, un goût amer d'ironie m'a submergé. Trois ans plus tôt, ma mère était entre la vie et la mort après un terrible accident de voiture — un accident qu'elle avait subi en protégeant Margaux d'un chauffard. Pourtant, Margaux avait affirmé que son déplacement professionnel était trop important et n'était même pas venue pour ses derniers instants. Ma mère aurait pu vivre encore des années malgré ses problèmes cardiaques, mais elle s'était sacrifiée pour Margaux. Et Margaux n'avait même jamais dit merci. « Adrien ? » La voix de Victoire m'a ramené à la réalité. J'ai pris une profonde inspiration, repris mes esprits et l'ai guidée vers la chambre. Dès que nous sommes entrés, elle m'a demandé : « J'ai entendu dire que tu t'étais marié. C'était elle, ta femme ? » Ma main s'est arrêtée alors que je lui versais un verre d'eau. J'ai soupiré. « Oui. Mais comme tu as vu, je liquide tout. » Je savais pertinemment que Margaux ne signerait pas à l'amiable, alors j'avais déjà transmis tous les rapports d'infidélité à mon avocat pour lancer la procédure contentieuse. Mon avocat m'avait garanti une victoire écrasante. Victoire n'a pas insisté. Elle m'a posé une main chaleureuse sur l'épaule. « Très bien. Règle tout ce cirque avant qu'on parte. De toute façon, tu ne remettras plus jamais les pieds ici. » J'ai acquiescé et lui ai demandé des nouvelles de notre père. Le lendemain, j'ai accompagné Victoire pour finaliser les formulaires d'immigration. En sortant, son téléphone a sonné. « Je vous ai déjà dit que je suis ici pour des raisons privées », a-t-elle lâché d'une voix sèche dans l'écouteur. « Pourquoi avez-vous divulgué mon planning ? » « Ai-je vraiment besoin de valider moi-même un projet d'à peine quelques millions ? C'est qui le patron, vous ou moi ? » Après qu'elle a raccroché, je lui ai tendu une bouteille d'eau. « Des soucis avec ta boîte à New York ? » Elle s'est massé les tempes. « Non. Une petite start-up locale nous harcèle pour signer un partenariat. La directrice a réussi à savoir que j'étais en ville et remue ciel et terre pour m'arracher un rendez-vous. » « Mais tu connais ma règle en affaires : le réseau, c'est bien, mais la valeur morale passe avant tout. » Je n'ai pas posé plus de questions. Je l'ai conduite dans un grand restaurant gastronomique du centre. Mais évidemment, le destin a un humour particulièrement tordu. Nous sommes retombés sur Margaux et Bastien. Assortis de la tête aux pieds, ils étaient assis près de la baie vitrée. Margaux était au téléphone, l'air stressé, pendant que Bastien s'amusait à lui glisser une cerise dans la bouche. Margaux souriait et mordait dans le fruit directement entre ses doigts. Pour n'importe qui d'extérieur, ils ressemblaient à un couple éperdument amoureux. J'ai pincé les lèvres et fait demi-tour, mais Margaux m'a repéré. Elle a raccroché net et a foncé vers moi. « Adrien, attends ! »

第4章

J'ai fait semblant de ne pas l'entendre et j'ai pressé le pas. Mais Margaux m'a rattrapé par le bras. « Tu ne m'entends pas quand je t'appelle ? » Bien qu'elle s'adresse à moi, ses yeux furieux étaient rivés sur Victoire. « Vous deux... » Avant qu'elle ne termine, Bastien s'est approché, un sourire goguenard aux lèvres. « Dis donc, Adrien. Il dure longtemps, ton fameux 'rendez-vous pro'. J'imagine que vous étiez au lit ce matin, et maintenant c'est resto de luxe. » J'ai ignoré son insulte minable, mais les yeux de Margaux se sont durcis. Elle m'a toisé avec dégoût. « Adrien, je vois très bien ton petit jeu. Tu crois que t'afficher avec elle va me rendre jalouse ? Tu as cinq ans d'âge mental ? » « Même si l'hôtel était une coïncidence, ne me fais pas croire que nous croiser ici en est une autre. Bastien et moi déjeunons juste ensemble. Tu peux arrêter d'être aussi pathétique et jaloux ? » J'ai ri jaune. Moi ? Pathétique ? « Je t'ai déposé les papiers du divorce, Margaux. Tu t'imagines vraiment que j'en ai quelque chose à faire de tes faits et gestes ? » Le mot « divorce » l'a fait tressaillir. « J'ai déchiré ces papiers. N'en reparle plus jamais. » Elle a braqué son regard haineux sur Victoire. « Et toi, qui que tu sois. Tu l'as entendu. Adrien est un homme marié. Si tu as un minimum de dignité, dégage de sa vie ! » Bastien en a rajouté une couche en ricanant : « Exactement. T'accrocher au mari d'une autre... tes parents ne t'ont jamais appris les bonnes manières ? » « Ce n'est pas parce que tu as un peu de fric que tu peux te taper tout ce qui bouge. » Victoire a croisé les bras, un sourire glacial étirant ses lèvres. « Surveille ton langage, gamin. Une plainte pour diffamation est très vite arrivée. » Bastien, poussé par la présence de Margaux, s'est senti pousser des ailes. Il s'est avancé, haussant la voix pour que toute la salle l'entende : « Une briseuse de ménage qui parle de procès ? Tu manques pas d'air ! Si je te remets pas les idées en place aujourd'hui, je suis pas un homme ! » Sur ces mots, Bastien a retroussé ses manches et a violemment poussé Victoire à l'épaule. C'est parti en vrille en une fraction de seconde. Je me suis jeté en avant pour le démolir, mais à cet instant précis, le portable de Margaux a vibré sur la table, affichant un message de sa secrétaire. C'était la photo de la présidente multimilliardaire du consortium international avec lequel elle rêvait de s'associer. La femme sur la photo était trait pour trait celle que Bastien venait d'envoyer par terre. Margaux écarquilla les yeux. « Arrête ! C’est Madame Mercier, la présidente ! »

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